Jeudi-saint, le 6 avril 2023

Accueil : Frères et sœurs, chers amis,

C’est la fête de l’institution du sacerdoce et de l’Eucharistie,

c’est la fête de tous les baptisés qui aiment leur Seigneur qui se fait leur Serviteur

Quel mystère d’humilité et de charité ! C’est notre trésor

Bonne fête aux prêtres, aux évêques, bonne fête à tous les baptisés qui se nourrissent de l’Eucharistie, qui adorent Jésus-Eucharistie, qui vivent de l’Eucharistie. Prions et agissons, de telle manière, que le plus grand nombre découvrent notre trésor. Que les familles vivent de l’Eucharistie, que de nombreux jeunes accueillent l’appel du Seigneur au sacerdoce pour la gloire et le salut de l’humanité. Préparons-nous à célébrer le mystère de l’Eucharistie, en reconnaissant que nous avons péché.

 Homélie : Ex 12, 1-8. 11-14 ; Ps115 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jn 13, 1-15

Chers amis, Il est grand le mystère de la foi !

Vous l’avez compris, puisque vous êtes là, même si Jésus a dit à Pierre et nous le dit à chacun aujourd’hui : « Plus tard, tu comprendras ». Nous n’aurons jamais fini de comprendre l’Eucharistie avec la tête et avec le cœur, et concrètement dans notre vie transformée par l’Eucharistie

Il est grand le mystère de la foi !

Tellement grand que Dieu dans sa pédagogie a pris des siècles pour préparer son peuple au mystère pascal. C’est la première lecture avec l’annonce de la 1e Pâques avec l’agneau, associé à la sortie d’Egypte. Ce qui faisait dire à un évêque du 2e s. Méliton de Sardes : « C’est Lui, le Christ, qui endura bien des épreuves en un grand nombre de personnages qui le préfiguraient : en Abel, il a été tué ; en Isaac, il a été tué sur le bois » (cf les portes du tabernacle de la côtellerie) ; « en Jacob, il a été exilé ; en Joseph, il a été vendu ; en Moïse, il a été exposé à la mort ; dans l’agneau, il a été égorgé ; en David, il a été en butte à la persécution ; dans les prophètes, il a été méprisé ».

Et nous, de quelle pédagogie usons-nous en famille, pour transmettre ce si grand mystère !

Il est grand le mystère de la foi !

Tellement beau, tellement fécond, qu’il nous fait jubiler avec le psalmiste : « La coupe de bénédiction est communion au sang du Christ ». Notre Dieu n’est pas un Dieu lointain. Il a multiplié les alliances avec son peuple et scellé l’alliance éternelle et définitive, en son sang, en nous associant à sa victoire, notre victoire : « J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur. …Comment rendrais-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? Je t’offrirai la sacrifice d’action de grâce »

Et nous, sommes-nous les témoins émerveillés de l’Eucharistie, même si peu de mayennais la reçoivent et en vivent chaque dimanche : 7000 pour 305 000 habitants !

Il est grand le mystère de la foi !

Tellement à notre portée de mains : « Faites cela en mémoire de moi ». L’Eucharistie est un mémorial. Pas seulement un simple souvenir, mais quand nous nous remémorons la Pâques de Jésus, son dernier repas, associé à sa passion et à sa résurrection, l’événement de salut, d’hier, s’accomplit, ici, aujourd’hui. L’Eucharistie est un mémorial, accomplissant la
Pâques de Moïse, actualisant la Pâques de Jésus, un mémorial de l’avenir : « Chaque fois que vous mangez de ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne »

Et nous, comment travailler à l’œuvre des vocations, de telle manière que se lèvent de nouvelles générations de familles chrétiennes, du sein desquelles pourront naître des vocations plus spécifiques à la vie consacrée et au sacerdoce ?  

Il est grand le mystère de la foi !

Tellement concentré dans le mystère de l’amour qui se révèle au cœur du mystère du mal. Jésus lave les pieds de Judas qui va le trahir et de Pierre qui va le renier. Quand Judas et Pierre livrent Jésus, Jésus se livre aux hommes. C’est le monde à l’envers. C’est le monde du royaume de Dieu. Jésus se fait esclave des hommes : le geste du lavement des pieds au temps de Jésus était réservé aux esclaves. Jésus se fait serviteur. Ce n’est pas seulement un geste d’humilité comme nous allons le chanter durant la veillée de prière qui suivra cette messe de la cène : « Regardez l’humilité de Dieu, regardez l’humilité de Dieu, regardez l’humilité de Dieu, et faites-lui hommage de vos cœurs », c’est un geste d’amour, c’est un geste sauveur, c’est un geste rédempteur. Nous pourrions tout aussi bien chanter, cela respecterait les 4 syllabes du mot humilité : « Regardez l’amour sauveur de Dieu, regardez l’amour sauveur de Dieu, regardez l’amour sauveur de Dieu, et faites-lui hommage de vos cœurs ».

Et nous, est-ce que notre vie est une hymne d’amour et à l’amour ?  

Il est grand le mystère de la foi !

Tellement appelant : « « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».

Et nous, sommes-nous  les disciples du SERVITEUR, de telle manière que notre vie interroge ceux qui ne connaissent pas le Père des miséricordes et l’Esprit qui sanctifie.

AMEN MARANATHA