Homélie : Mt 21, 1-11

Chers amis, 3 fois la mention de l’ânesse avec son petit, dans cet Evangile des rameaux, la 1e fois pour mettre en valeur la prévision du Maître qui dit à 2 de ses disciples : « Allez au village qui est en face de vois, vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi » ; la 2e fois pour souligner l’accomplissement de la prophétie de Zacharie 9, 9 ; la 3e fois, pour décrire l’arrivée du Messie doux et humble de cœur. Quand Jésus choisit un âne comme monture, les soldats romains montaient des chevaux. Pas d’ambiguïté, Jésus inaugure un Royaume d’humilité, d’abaissement, celui de l’amour qui sauve, qui relève, qui humanise, qui divinise. « Jésus est un roi de paix. Il ne vient pas pour imposer quelque chose par la force et la violence, mais il vient dans la douceur, dans la tendresse et dans la paix ».

Et si la figure de l’âne nous inspirait pour vivre notre vie chrétienne ! Le P. Bernard Courteille, décédé le lundi 13 février dernier, à l’âge de 89 ans et dans sa 63ème année de sacerdoce, a choisi cet évangile pour sa sépulture, en précisant : « Je me suis souvent demandé pourquoi le Seigneur m’avait appelé à le servir et à servir l’Eglise dans le sacerdoce. Il aurait pu en trouver beaucoup d’autres qui auraient été de bien meilleurs ouvriers que moi. Je me reconnais bien dans l’âne choisi par le Seigneur pour le porter et le faire acclamer dans les rues de Jérusalem ». Ce prêtre qui a fait beaucoup de bien avait beaucoup d’humour, ce  qui va bien avec l’humilité et la charité.

Et si l’âne des rameaux qui fait suite à celui de la crèche, et celui de la fuite en Egypte, et si cet âne, si souvent représenté dans les chapiteaux romans ou dans des églises gothiques, nous inspirait :

son pas : ne faut-il pas aller pas à pas, doucement, tranquillement, pour parvenir au port du salut qu’est la Jérusalem éternel ;

ses grandes oreilles : ne faut-il pas dans sa vie humaine et chrétienne écouter : écouter la nature, écouter les autres, écouter Dieu, écouter sa conscience ; 

son braiment désagréable : ne faut-il pas parfois témoigner haut et fort de la bonne nouvelle qui dérange, plutôt que de chercher à plaire ;

sa réputation de bêtise et de têtu : ne faut-il pas reconnaitre nos limites et nos péchés, sous le regard du Seigneur, riche en miséricorde ;

son dos pour porter les charges : ne faut-il pas, nous aussi, avancer avec courage sur les chemins de la vie, en se portant ou supportant mutuellement ;

ses pieds sûrs et légers : que le Seigneur nous donne d’avancer humblement et avec détermination, sous son regard, sur les chemins pierreux de la vie….

AMEN MARANATHA