5ème vendredi de carême 2023, Notre Dame, Mayenne
Enseignement de Père Laurent Ouattara

Le Jeûne

 

LES ORIGINES DU JEÛNE CHRÉTIEN

En élaborant cette réflexion sur le jeûne, de prime abord, il s’agit de faire comprendre que le thème dont il est question n’est pas un bien réservé uniquement à la foi ou à la croyance chrétienne. Bien des hommes qui n’ont rien à voir avec la religion chrétienne ont su prôner ou appliquer, à un moment précis de leur vie, la pratique du jeûne pour des raisons diverses.
Il s’agit surtout de vouloir s’inscrire dans la logique de la pratique chrétienne du jeûne. Quatre points permettront de comprendre l’évolution du jeûne chrétien :

I. Le survol de l’Ancien Testament (Moïse, Elie, Esther…)
II. La Nouveauté du Nouveau Testament (Notre Seigneur Jésus)
III. La pratique du jeûne dans les premières communautés chrétiennes.
IV. La compréhension et la pratique du jeûne aujourd’hui.

I. LE SURVOL DE L’ANCIEN TESTAMENT

1. Jeûne comme ordonnance de Yahvé
L’Ancien testament informe que le jeûne est une ordonnance de Yahvé lui-même au jour du Yom Kippour (le grand pardon) dans le livre du Lévitique au Chapitre 23, 27-28 : Le Seigneur parla à Moïse et dit : « C’est le dixième jour du septième mois qui sera le jour du Grand Pardon des péchés. Vous tiendrez une assemblée sainte, vous jeûnerez, et vous présenterez de la nourriture offerte pour le Seigneur. En ce jour même, vous ne ferez aucun travail, car c’est jour de Grand Pardon où l’on accomplit sur vous le rite d’expiation devant le Seigneur votre Dieu. Toute personne qui négligera de jeûner ce jour-là sera exclue de la communauté d’Israël. » On comprend que cette ordonnance doit être suivie avec fermeté puisque c’est une exigence venant de la part de Dieu.
Le Yom Kippour exprime une volonté de Dieu de purifier continuellement son peuple et lui accorder ses largesses.

a. Moise dans la dynamique du Jeûne.
Les Saintes écritures font mention de Moise qui jeûne. Il jeûna à deux reprises durant quarante jours et quarante nuits pour :
d’abord recevoir les dix commandements (Ex 24,17-18)
et ensuite demander pardon au Seigneur pour le peuple qui a adoré le veau d’or (Dt 9,18).
On comprend ici que le jeûne est lié au don du décalogue (loi de Yahvé) et au pardon donné par Dieu au peuple.

b. Le jeûne concernant d’autres figures de l’Ancien Testament.
Les illustres personnages à avoir pratiqué le jeûne dans l’esprit de l’ancien testament sont nombreux, mais nous voudrions ici nous appesantir sur certains qui ont marqué l’histoire du peuple d’Israël. Avec ces fils d’Israël, on saura qu’en dehors du Yom Kippour, on pouvait jeûner pour des raisons diverses.
. Elie jeûna pendant quarante jours dans le désert (1 Rois 19, 8) pour sauvegarder l’alliance et rétablir la pureté de la foi en se rendant au lieu de l’alliance (En fuyant la reine Jézabel)
. David jeûna fréquemment pour exprimer sa douleur pour ses péchés (2 Samuel 12, 16-20)
. Daniel a jeûné à plusieurs occasions pour fortifier son esprit, nourrir son âme et renouveler son corps afin d’être toujours favorable à Dieu. (Daniel 1, 8 ; 9, 3)
. Esther a demandé aux juifs de jeûner avec elle, en arrêtant de manger et de boire pendant trois jours (Esther 4, 16) pour la sauvegarde du peuple d’Israël.
. Esdras et Néhémie étaient tous les deux des hommes de jeûne et de prière (Esdras 8, 21 ; Néhémie 1, 4).
Avec ces fils d’Israël, on comprend que le jeûne est toujours en lien avec un retour à Dieu. C’est une supplication pour avoir la faveur de Dieu. Ce qui est premier, c’est la grandeur de Dieu qui est agissante.

c. Le jeûne inattendu de certaines personnes.
Le jeûne sortira du cadre des croyants et se verra même réalisé par certains personnages inattendus de l’Ancien Testament :
. Le méchant roi Achab a reçu certaines grâces de Dieu parce qu’il s’est humilié lui-même dans la prière et le jeûne (1 Rois 21, 25-29).
. Ninive était la capitale de l’Assyrie et une ville païenne. Pourtant, quand Jonas a annoncé que Ninive allait être détruite dans quarante jours, la réponse fut originale et surprenante : le jeûne des hommes et des animaux. (Jonas 3,5-7)

2. La nouveauté dans le jeûne : Zacharie et Isaïe.

Il faut attendre le prophète Zacharie avec l’ajout des quatre jeûnes liés à Jérusalem (surtout à son Temple) pour voir naitre, dans l’application et la pratique du jeûne, l’allégresse et la fête. Auparavant, la loi de Moise offrait un jeûne centré sur le pardon (avec bien souvent de la cendre sur la tête du pénitent habillé avec un sac, se couchant sur un sac et se lamentant pendant un certain temps). Dans la même pensée du prophète Zacharie (jeûne conçu dans l’allégresse), le prophète Isaïe a introduit un jeûne littéralement inattendu par Israël : il ne consiste pas seulement en la privation de nourriture mais dans le changement véritable de comportement et de cœur (Isaïe 58) : faire tomber les chaines injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser les jougs, partager son pain avec l’affamé, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable.

Pour être agréable à Dieu, selon Isaïe, le jeûne doit nécessairement être accompagné de sincérité, de vraie humilité, de sentiments charitables et d’un esprit de compassion envers les autres. Cet esprit du jeûne ressortira dans la conception du Seigneur Jésus.

 

II. LA NOUVEAUTÉ DU NOUVEAU TESTAMENT

Le Nouveau Testament révèle aussi la pratique du jeûne par les contemporains de Jésus. Le Yom Kippour et les jeûnes facultatifs liés au Temple subsisteront dans le peuple d’Israël, mais d’autres jeûnes spécifiques verront le jour.

1. Le jeûne au temps de Jésus.

a. Le jeûne d’Anne la prophétesse.
Anne ne quittait pas le Temple, mais servait le Seigneur dans le jeûne et la prière jour et nuit (Luc 2, 37). Son jeûne se situe dans le cadre de la ruine d’Israël (balloté par les peuples) et s’inscrit dans l’attente du messie qu’elle espérait de toutes ses forces. La joie qu’elle exprima devant la venue des parents de Jésus au temple était l’expression de son désir le plus intense. C’est avec joie qu’elle loue le Seigneur en voyant l’enfant Dieu.

b. Le jeûne de Jean le Baptiste et de ses disciples. (Mt 9, 14-15)
Le jeûne de Jean le Baptiste allie plusieurs dimensions :
. La dimension du retour à Dieu qui nécessite le pardon des fautes à l’instar du Yom Kippour de la loi mosaïque (on le sent d’ailleurs dans sa prédication)
. La dimension de Daniel qui fortifie l’esprit, nourrit l’âme et renouvelle le corps. (Le miel et les sauterelles sauvages) afin d’être toujours favorable à Dieu (la vie ascète de Jean le Baptiste)
. La dimension de l’attente du Messie qui se trouve déjà présent dans le peuple d’où le baptême de conversion. (Je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales).

c. Le jeûne des pharisiens.
Les pharisiens jeûnaient deux fois par semaine. (Luc 18, 12) Souvenons-nous du pharisien monté au Temple pour la prière ; debout, il priait ainsi en lui-même : « O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain ; je jeûne deux jours par semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. »
Les Pharisiens formaient un parti religieux qui jouissait d’un grand respect auprès du peuple juif. Ceux-ci insistaient sur l’application de la loi à tous les détails de la vie quotidienne et s’imposaient souvent une rigueur dépassant même celle que la loi exigeait. Ils jeûnent deux fois par semaines. A titre d’exemple, si l’on admet une cinquantaine de semaines par an, les pharisiens jeûneraient une centaine de fois par an pour marquer leur proximité au Seigneur. Devant une telle réalité, les autres juifs ne peuvent que les vénérer puisqu’ils dépassent de très loin le seul jour de jeûne obligatoire par an qu’est le Yom kippour.

2. La Nouveauté de Jésus

a. Rejet de la dérive ostentatoire
La pensée du Christ est très claire en Matthieu 6,1-18 : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer… quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. »
Jésus fait un constat. Les adeptes du jeûne de son temps se faisaient remarquer publiquement pour recevoir la gloire venant des hommes et attirer sur eux l’attention. Jésus ne s’inscrit pas dans cette logique. Dans la mesure où c’est Dieu seul qui sonde les cœurs et les reins des personnes qui jeûnent, Dieu est la seule personne habilitée à récompenser. Le jeûne (pour Jésus) dans sa pratique rejette totalement l’hypocrisie. Le pénitent ne doit pas pratiquer le jeûne dans le but d’être glorifié ou de montrer aux autres qu’il est « spirituel ».

b. La nouveauté de Jésus.
Jésus ne rejette pas le jeûne mais précise les conditions dans lesquelles ce jeûne doit être pratiqué. Il préconise un jeûne reconnu par Dieu seul, dans le secret : « Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra. » Il y a un temps bien précis du jeûne communautaire (Yom kippour). En dehors de ces jours, le jeûne qui n’est pas imposé doit se faire en secret. Quand on connait le contexte de Jésus, on cerne facilement pourquoi est-ce qu’il évoque ici l’utilisation du parfum et l’eau dans le toilettage extérieur.
A la célébration obligatoire du Yom Kippour (jour du grand pardon) précisé par la loi de Moise, les juifs ne devaient :
Ni manger Ni porter des chaussures en cuir Ni se baigner – Ni se laver – Ni s’appliquer des crèmes, ni des lotions Ni Avoir toute forme d’intimité conjugale
Pour Jésus, le plus important, c’est rejoindre le cœur du pénitent. Il a, en mémoire, le jeûne du prophète Isaïe (en son chapitre 58) qui soigne le cœur et porte l’attention sur d’autres aspects plus urgents : le bien de l’autre et la pratique de l’amour et de la justice.
En préconisant la tête parfumée et le visage lavé, Jésus révèle la joie que renferme le jeûne et oriente celui qui jeûne vers ce qui est essentiel : offrir tout son être à Dieu par la mortification vécue dans le secret.

c. Les quarante jours de Jeûne de Jésus au désert.
Jésus s’insère dans la lignée des grands prophètes (en réalité, il les dépasse de loin puisqu’il est Fils de Dieu) Elie et Moise. Il est conduit par le Saint Esprit au désert. Son jeûne se réalise dans le strict secret : c’est l’intimité entre le Père et le Fils qui grandit le Fils (ouvert à la volonté du Père et toujours obéissant). Par obéissance à Dieu son Père, Jésus, nouvel Adam, résiste à Satan et ouvre la voie du combat spirituel. Cette victoire anticipe sa passion. Jésus lui-même pratique le jeûne pour faire ressortir que les temps messianiques sont advenus. Jésus est bien le Messie car en jeûnant quarante jours au désert, il réalisait dans sa chair le jeûne des quarante ans d’errance dans le désert du peuple d’Israël (si tant est que chaque année, un jour est dédié au grand pardon). Jésus dans son jeûne, assume dans sa chair une étape de la purification d’Israël. (L’étape définitive étant celle de la croix).
C’est en mortifiant son corps (abandon à Dieu) que celui qui jeûne résiste aux tentations du diable. Le jeûne est donc une aide précieuse dans ce combat contre le diable.

d. Le jeûne des apôtres
Après l’Ascension, les apôtres semblent livrés à eux-mêmes. Mais avec la Pentecôte, ils ressentent une force qui les envoie en mission. L’absence physique de Jésus les motive à jeûner pour certaines missions précises :
Les apôtres jeûnaient et priaient chaque fois qu’ils confirmaient des anciens dans les nouvelles églises qu’ils établissaient (Actes 14, 23).
Le jeûne et la prière ont déclenché la première expédition missionnaire de Paul (et Barnabas) qui allait bouleverser le monde (Actes 13, 2-3).

 

III- LE JEÛNE DANS L’EGLISE PRIMITIVE.

La signification du jeûne chrétien dans l’église primitive est liée au mystère pascal (Passion, mort et résurrection du Christ) en rapport avec la prière et l’aumône : c’est ainsi que l’ont compris les premiers chrétiens à la lumière d’une parole de Jésus dans l’évangile de saint Matthieu (9, 14) : « Les compagnons de l’époux peuvent-ils mener le deuil tant que l’époux est avec eux ? Mais viendront des jours où l’époux leur sera enlevé ; et alors ils jeûneront. » Se désignant lui-même, ici, comme « l’Époux » de l’Église, Jésus annonce le temps de sa Passion, celui où « l’époux leur sera enlevé ». Ainsi, le jeûne que pratique l’Église signifie son union au Christ dans le mystère de sa mort et de sa mise au tombeau ; mais il est un jeûne d’attente, de vigilance, de joyeuse et confiante préparation à la rencontre du Christ ressuscité. Tel est le grand jeûne pascal du Vendredi et du Samedi saints qui sera rompu dans la nuit de la Vigile pascale.

Saint Pierre Chrysologue au Ve siècle disait ceci dans une homélie sur la prière, l’aumône et le jeûne : « toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, tu donnes à toi-même ; car ce que tu n’abandonnes pas à autrui, tu ne l’auras pas…Mes frères, nous commençons aujourd’hui le grand voyage du Carême. » Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église, Homélie sur la prière, le jeûne et l’aumône.

 

IV- LA COMPRÉHENSION ET LA PRATIQUE DU JEÛNE AUJOURD’HUI.

L’erreur que beaucoup de chrétiens commettent aujourd’hui, c’est de jeûner pour obtenir rapidement une grâce. La première intention du jeûne ne s’inscrit pas dans un tel objectif : la prière accompagnée du jeûne n’est pas un moyen d’obtenir ce que les chrétiens voudraient, c’est plutôt une occasion de devenir ce que Dieu désire qu’ils soient (ses enfants). Le jeûne fait rejoindre Jésus au désert et rapprocher l’être humain de Dieu son Créateur. La demande n’est pas première dans le jeûne, elle est secondaire. C’est le rapprochement de Dieu qui est premier. L’esprit humilié, abattu qui reconnait la grandeur de Celui qui l’a fait et son éternelle présence à nos côtés.

Dieu reconnait facilement celui qui jeûne par son détachement des choses passagères. Celui qui ne jeûne pas, vit de la matérialité et des choses de ce monde. Celui qui jeûne élève son âme vers les biens supérieurs pour avoir perpétuellement faim de Dieu. Le jeûne des chrétiens a donc un but : se rapprocher de Dieu par le mystère Pascal, en mettant leurs pas dans les pas de Jésus au désert et du Christ Ressuscité. Le jeûne est un temps de réflexion sur soi-même, un examen de soi, qui conduit l’homme à s’humilier, à confesser ses péchés, à prendre de nouvelles décisions et à se rapprocher de Dieu Créateur. Jésus rappelle que le jeûne authentique est celui qui délivre de l’égocentrisme et de tout ce qui emprisonne l’homme pour lui permettre d’entrer de plain-pied dans la dynamique de la grâce, du partage et du service.

Le pape François donne une belle phrase sur le jeûne : « le jeûne véritable est le contraire de la vanité. » (Pape François, Homélie à Ste Marthe, Vendredi 3 mars 2017) Il est par ailleurs : « un moyen concret de vaincre la culture de l’indifférence » (Pape François, la messe matinale à la Maison Sainte-Marthe, le mardi 13 septembre 2016) et de comprendre qu’autour des chrétiens, existent des hommes et des femmes, reflets de Dieu, qui ont aussi besoin de leur charité. En le rapprochant de Dieu, le jeûne chrétien doit ouvrir les yeux du chrétien sur la misère de ses semblables. Si tel n’est pas le cas, le jeûne devient alors une simple privation de nourriture qui n’a aucune influence sur sa vie spirituelle. Dans le spirituel, le retour à Dieu tient compte de l’amour du prochain : on se prive pour aimer, pour aider et pour exprimer le partage, la miséricorde et la compassion de Dieu aux autres personnes.

En conclusion, le jeûne qui plaît à Dieu est celui où la mortification personnelle ouvre à une plus grande charité envers le prochain, où les privations des chrétiens ne sont pas mises en différé pour usage futur, mais mis à la disposition de ceux qui sont dans le besoin (qui ne pourront jamais nous les rendre) par un acte tangible de charité pure.

 

 

Plusieurs types de jeûnes s’offrent à nous, non comme des impositions mais comme des propositions :

– Le jeûne total – se priver de nourriture et d’eau, comme pour les jeûnes d’Esther et de Ninive. Un moment de désespoir appelle des mesures de désespoir et la proche destruction complète d’une nation appelle ce genre de jeûne. Il ne faut pas le pratiquer plus de trois jours.

– Le jeûne normal – se priver de nourriture mais pas d’eau. C’est le jeûne traditionnel et la forme la plus commune, un jeûne normal sera de durée variable, cela va d’un repas par un jour, trois jours, sept jours, ou même 31 jours, mais il n’excède jamais 40 jours.

– Le jeûne partiel – observer un régime spécial, mais ne pas forcément s’abstenir de toute nourriture. Daniel était un maître dans ce domaine, et il est préférable pour ceux qui ne peuvent pas s’abstenir totalement de nourriture à cause de leur santé ou pour d’autres raisons. Daniel a observé ce genre de jeûne quand il a refusé la viande et le vin et qu’il a demandé des légumes et de l’eau.